J'aime pas

Tel le schtroumpf grognon, y a plein de choses que j'aime pas. Bienvenu dans le temple de la critique destructive

12 décembre 2007

J’aime pas… Le Diable s’habille en Prada (le film)

Je n’aime pas les livres portés à l’écran. Parce que c’est généralement un joyeux massacre. Je me demande sincèrement comment les écrivains ne rentrent pas en dépression quand ils voient leur travail à ce point défiguré.

J’ai lu le livre avant de savoir qu’il allait être porté à l’écran et je l’avais trouvé plutôt bon, même si j’ai eu plusieurs fois envie de claquer l’héroïne qui se laisse piétiner sans lever un petit doigt. Mais globalement, il était bon. Miranda Priesley était une femme particulièrement odieuse et haïssable. Pour le film, on nous prend une jolie brunette à grande bouche pour jouer l’innocente Andy et face à elle, Meryl Streep. Je ne critiquerai pas le jeu de Meryl Streep, elle est très bonne dans ce rôle. Non, le problème, c’est le scénario et le manque de fidélité au bouquin.


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Donc dans le film, Miranda est une horrible bonne femme capricieuse, tout comme dans le livre. Sauf que c’est pas très politiquement correct, quelqu’un de méchant sans raison alors dans le film, on va expliquer tout ça. D’abord, Miranda est une femme dans un monde d’homme donc elle est obligée d’être la pire des putes pour pas se faire manger. Jusque là, ça peut se concevoir. Mais on en rajoute dans le pathos. Dans le film, on la découvre femme seule, son mari veut la quitter et elle est malheureuuuuuuuuuuuse. Non mais c’est quoi ce bordel ? Dans le livre, Miranda ne se justifie pas, Miranda emmerde le monde et son mari n’a aucune intention de se barrer. Miranda est juste une garce.

Face à elle, la douce (et niaise) Andrea, dite Andy qui vient de sa campagne et découvre la jungle New Yorkaise. Mais dans le film, on lui adjoint une histoire d’amour merdique avec un écrivain qui est vilain, en fait, parce qu’il veut virer Miranda (je n’ai pas compris le lien dans le film) et notre fidèle Andy va prévenir sa patronne parce que même si elle déteste Miranda, elle est loyale, waaaaah. Dans le livre, Andy est séduite par l’écrivain mais ne faute jamais avec lui (même quand son mec la quitte) et l’écrivain ne fait aucun coup en douce à Miranda dont il se fout royalement. Mais surtout, dans le livre, Andy se laisse totalement faire par Miranda, au point de ne pas rentrer aux Etats-Unis quand sa meilleure amie alcoolique a un grave accident de voiture mais finit par péter un plomb face à la énième crise de Miranda en lui balançant un sublime « merde » à la gueule. Dans le film, Andy, c’est la grosse rebelle qui démissionne quand sa patronne lui dit qu’elle deviendra comme elle et, acte de subversion ultime, elle jette son portable dans la fontaine.

Mais je crois que le pire, c’est la fin. Dans le livre, Miranda pourrit notre pauvre Andy, bombarde les rédactions de tout New York pour que la petite ne trouve pas de boulot alors que dans le film, elles se croisent et si Miranda feint de l’ignorer, après, elle sourit. Pour un diable, elle tient plutôt du chaton, là.

Bref, prenez un livre délicieusement cynique et lissez tout, vous obtiendrez un film décevant et atrocement politiquement correct avec une meilleure amie noire (et les minorités visibles, alors, faut pas les oublier), une méchante pas si méchante, une héroïne terriblement droite dans ses bottes mais qui a quand même une amourette à Paris parce que Paris, c’est la ville la plus romantique du monde, quoi. Bref un film comme il en existe 150 000 où tout est bien qui finit bien.

En somme, le film ne respecte pas beaucoup l’esprit du livre qui, lui, est plutôt jouissif. Donc à éviter.

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04 décembre 2007

J’aime pas… les blogueuses méprisantes

Suite de mon article sur les blogueurs qui se la pète suite à ma lecture de l’article du Nouvel Obs sur le sujet. Je l’avais promis, pour une fois, je m’y tiens.

La blogosphère est un monstre à multiples têtes, on trouve de tout dans la blogosphère, vous le savez. Il y a les blogs markets, les blogs « je raconte ma vie » et les blogs de filles. Là encore, il y a différents blogs de fille. Certains que j’aime et dont je ne parlerai pas puisque je parle ici de ce que je n’aime pas. D’autres qui sont proprement édifiants. En lisant l’article, j’apprends que la vie de la bloggeuse estampillée mode n’est pas facile tous les jours mais heureusement, la solidarité existe, je ne sais plus laquelle expliquant « non mais c’est trop cool, dès qu’on a un comm pas sympa, on prévient les copines par mail pour qu’elles viennent nous défendre ». Vous croyiez que les blogs étaient un espace de parole et de discussion. Oui, ça l’est : la bloggeuse parle et ses copines se pâment sur son intelligence et son humour mais interdiction d’être « méchant », c’est péché. On ne dit pas de mal de la détentrice dudit blog, enfin. D’un côté, je ne comprends pas le côté troll, je te pourris en comm parce que t’es qu’une grosse conne. Le blog d’une conne, moi, je le lis pas, j’ai autre chose à faire de ma vie.

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La nouvelle tendance en matière de blog de fille, c’est d’être méprisante, c’est trop rigolo, ahah. L’une d’entre elles en a même fait son fond de commerce. Elle s’appelle Violette et se présente comme une fille belle qui parle. Soit. Elle est peut-être belle et elle parle, c’est sûr. Le topo est le suivant « j’utilise le 3e degré poil à gratter ». En gros : si tu ne la trouves pas drôle, c’est que t’as pas d’humour, que tu ne sais pas prendre du recul (crétin). Non mais c’est vrai, quoi, y a pas de mal à dire que les pauvres, c’est chiant et qu’il faut être super idiote pour faire esthéticienne. Parce que l’esthéticienne, si elle était intelligente, elle ferait autre chose de sa vie, c’est mathématique. Sauf que je ne trouve ça ni drôle, ni spirituel, encore moins intelligent. Taper sur les autres, c’est une façon comme une autre de faire un blog, c’est même mon fond de commerce. Mais reprocher aux gens d’être pauvre, je trouve ça hallucinant de connerie. Oui, c’est sûr que c’est plus fascinant la vie de riche qui court de soirées VIP en cocktails ultra tendances avec les gens qu’il faut connaître. The place to be. Ok, c’est plus vendeur que la soirée « j’ai regardé la télé en mangeant une soupe Liebig et en m’épilant moi même vu qu’on n’a pas les moyens d’aller chez l’esthéticienne qui est trop bête pour faire autre chose de sa vie ». Mais j’aimerais savoir de quelle famille elle vient, cette demoiselle. Si j’ai fait des études supérieures, pour ma part, c’est bien parce que mes parents me les ont payées. Sinon, j’aurais dû faire une formation courte me permettant de faire un métier de personne au QI moindre, apparemment. Ceci étant, quand je lis un tel tissu d’âneries, ça me ferait plaisir de me retrouver dans la peau de l’esthéticienne de cette demoiselle pour lui faire le maillot à ma façon. T’es pas contente ? Ben t’as qu’à le faire toute seule, toi qui es si intelligente. Se faire le maillot, c’est à la portée de la première crétine venue, non ?

La tendance « parisienne qui pète plus haut que son cul » est à la mode, certes. Certaines le font avec une réelle intelligence et un réel humour et c’est plaisant de les lire. Le problème est quand ça vire à l’agressivité et à la vulgarité. Ca me met franchement mal à l’aise. Je me demande ce qui a pu arriver à cette pauvre Violette pour qu’elle devienne aussi aigrie et méchante et se sente obligée de régler ses comptes avec les « pauvres » tout en racontant qu’elle achète des sacs qui coûtent un smic. Elle est peut-être belle mais ne trouver comme argument-vente que sa richesse m’inquiète. On peut jouer la parisienne snob mais rappeler à longueur d’article qu’on est blindé de tunes, c’est d’un pathétique… Mais vu comment elle présente les choses, c’est sans doute que je n’ai pas d’humour.

Enfin, le truc ultime qui m’a fait halluciner, c’est le concept « goûter en compagnie des blogueuses ». Inscrivez-vous et vous pourrez partager un darjeeling et des macarons (Ladurée, évidemment) avec ces demoiselles. Oui, il faut s’inscrire pour prendre le temps de discuter avec ces stars de la toile. Et là, je pose la question : elles se prennent pour qui ? Créer et écrire un blog est à la portée du premier abruti venu. Même une esthéticienne peut le faire. La preuve, moi, j’en ai un (que je ne tiens pas à jour mais j’en ai un quand même). Après, il suffit de jouer le jeu du copinage et nous voilà propulsés au sommet de la blogosphère. Ou jouer sur les mots clés comme je disais hier. Ces demoiselles, tout sourire dehors, sont toutes implantées dans le milieu de la comm et des médias, les milieux qui bloguent et lisent les blogs. Donc avoir une audience n’est pas si compliquée : j’en parle à mes collègues, je fais de la lèche bien placée et maintenant, fais la queue pour goûter avec moi. Et bien honnêtement, cette démarche ne me donne pas du tout envie de m’inscrire à leur truc. Même si certaines écrivent bien et me font rire quand je les lis, je n’ai aucune envie de les rencontrer dans ce cadre là (elles stars, nous fans muets d’admiration). Mesdemoiselles, redescendez un peu sur terre. Dès que l’ordinateur s’éteint, vous n’êtes plus rien. Pour beaucoup de gens, vous n’existez pas. Pourquoi croyez-vous que cet article est apparu dans le supplément Ile de France du Nouvel Obs et pas dans le magazine en lui-même ? Mais parce que votre vie parisienne n’intéresse que par un effet de nombrilisme. Sorti du périph, on vous trouvera juste prétentieuse, voire aigrie. Votre planche de salut ? L’humour, le vrai, celui qui vous permet de vous reconnaître comme une Parisienne parmi tant d’autres. Une merde parmi les merdes, en somme.

Bref, pas d'humour, vulgarité et agressivité au programme...donc à éviter

Posté par Schtroumpf_grrr à 18:27 - Internet - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2007

J’aime pas… les bloggeurs qui se la pètent

Combien de blogs avez-vous dans votre netvibes ? Moi, j’en ai beaucoup, des très différents les uns des autres, des plus futiles au plus sérieux. Dans la journée, j’y pioche de quoi occuper mes pauses entre deux dossiers. Mais certains sont un peu fatigants de suffisance et de prétention. Bloggeur influent, mais influent sur qui ?

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La plupart de ces bloggeurs « influents », comme ils se disent eux-mêmes, revendiquent entre 5 000 et 10 000 visiteurs uniques. Oui, c’est comme ça qu’on mesure la qualité d’un bloggeur, figurez-vous. Mais bon, je mets du cul ici et je vous garantis que ça va exploser le compteur. Mais là n’est pas mon but. Donc mettons que l’audience soit de 10 000 visiteurs uniques, ce qui est bien, soyons honnête. Selon les chiffres, un Français sur deux est connecté donc déjà 50% des Français ne les connaît pas. Ensuite, 10 000 internautes sur 30 millions, à peu près, ça fait un internaute sur 30, soit 0.33%. Allez, j’arrondis à 0.5% et donc sur 60 millions de Français, ça nous fait 0.25%, à peu près, de gens qui vous connaissent. Belle influence en effet.

Alors je sais, je sais, ce sont les 0.25% qui comptent, cette élite parisienne médiatico-intellectuo-pétée de tune. Cette même élite qui produit ces bloggeurs, d’ailleurs. Les bloggeuses modasses ne vous parleront jamais de fringues achetées chez Promod ou Etam, c’est pauvre, c’est vulgaire. A la limite H&M mais que les collections de Madonna ou Roberto Cavalli, le même qui habille J-LO, pour vous situer le bon goût. Les hommes sont des pubeux-marketeux qui parlent à longueur de journée des marques qu’ils doivent promouvoir pour leur taf. Comme si on était assez con pour croire qu’ils nous parlent comme de par hasard du dernier parfum Lacoste ou de la dernière pub trop funky faite par leur agence mais chut, faut pas le dire. Il y a également ce qui parle de choses juste pour faire du buzz parce que dans quelques jours, ça va exploser dans les requêtes google. Par exemple, si quelqu’un meurt, faut en parler DE SUITE. Un film événement qui sort ? Prenez le nom de l’actrice qui joue dedans et débrouillez vous pour mettre « nue » avec son nom dans le titre. Pas besoin d’avoir quelque chose à dire, ce qui compte, c’est le mot clé et le référencement. La quantité au lieu de la qualité ? Mais et alors ? Moi, j’ai 5000 visiteurs uniques, je suis quelqu’un, je suis un influenceur et si je dis que ton produit, c’est de la merde, t’as qu’à aller te suicider. Je caricature mais tant que ça ?

Influenceur, le mot est lancé. C’est le grand terme à la mode, ça. J’ai X lecteurs par mois donc j’influence. Je ne parle pas de moi, moi, j’ai peu de lecteurs mais je fais pas l’effort d’écrire régulièrement donc c’est pas vraiment un problème, surtout que je ne suis pas mes statistiques. Mais les influenceurs, eux, ils ont le pouvoir. Le bloggeur est parole d’évangile parce que c’est un homme ou une femme comme toi et moi et qu’ils sont pas payés pour dire qu’un produit est trop de la balle. Non mais faut arrêter de prendre les lecteurs de blog pour des gentils moutons de paniurge. A titre personnel, je critique ce que je n’aime pas mais j’aurais ces 5000 à 10000 visiteurs uniques, je ne pense pas avoir un vrai pouvoir. Je n’aime pas tel truc, j’explique pourquoi mais je laisse le choix au lecteur d’être d’accord avec moi ou pas. On n’est pas en schtroumpfocratie ! Sinon, les commentaires seraient fermés : je m’en fous de votre avis, le mien est forcément le bon. Non mais messieurs dames les influenceurs, vous croyez vraiment qu’on ne sait pas que vous êtes contactés par des marques pour en dire du bien ? Vous le croyez vraiment ? Vous pensez que mettre un lien sur votre page suffit à transformer la vie de vos lecteurs ? Nous sommes libres de cliquer ou pas. Récemment, j’ai dû surfer de blogs en blogs pour le travail et ô révélation, être linké sur un blog « influent » n’est pas forcément une garantie de succès. J’ai cliqué sur les liens d’une bloggeuse qui se sert de ses VU comme argument vente (« non mais tu dis du mal de moi mais tout le monde le pense pas, tu vois, j’ai 5000 VU. Dans ta face, du con ! ») et certains des blogs liés n’ont quasi pas de commentaires, malgré certains articles bien racoleurs. Un autre avait lié un blog qui avait un compteur intégré : quelques heures après la publication de l’article, le nombre de visiteurs uniques montait à… 22. Parce que, curieusement, ces bloggeurs influents qui jouent du mot clé à gogo omettent de nous dire combien de gens viennent de google et compagnie. Or un lecteur qui vient de google, il va lire l’article qui l’intéresse (et encore) et ciao la compagnie.

Bref, un peu de modestie serait la bienvenue. Messieurs dames, vous avez certes plein de lecteurs mais globalement, des lecteurs du même milieu que vous. Alors votre influence, je pense qu’elle est totalement à relativiser. Bref, le lecteur comme vous et moi est pris en otage par le blogueur qui nous prend comme une garantie que sa parole est d'or... donc à éviter

PS : J’ai appris que le Nouvel Obs avait fait un article sur les blogs cette semaine, je l’achète ce soir, je me permettrai peut-être un deuxième volet de cet article, si je l’estime nécessaire.

Posté par Schtroumpf_grrr à 17:11 - Internet - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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