22 octobre 2007
J’aime pas… les gens sans personnalité
Petite chronique sociale aujourd’hui car la médiocrité n’est pas que culturelle, elle est aussi sociétale. Dans notre entourage, nous avons tous des gens que l’on trouve sympa au premier abord. Forcément, tels des caméléons, ils se calquent sur nous car avoir leur propre personnalité, c’est trop fatigant. Et en plus, quand on a de la personnalité, on risque de ne pas être aimé par tout le monde et ça, c’est trop trop dur.
Scannez votre entourage et localisez celui ou celle (mais surtout celle quand même) qui partage toujours vos opinions, qui ne vous trouvent que merveilleux et fantastiques, beaux, généreux, drôles, intelligents et spirituels. Bon, si cette personne est votre conjoint(e), ça compte pas, l’amour rend aveugle, c’est bien connu. Non, non, cherchez une relation amicale Vous l’avez ? Voici donc notre ami sans personnalité. Au début, c’est plaisant cette personne qui nous adule quoi qu’on fasse. On raconte une histoire, elle est forcément hilarante ou haletante, on choisit un cocktail, c’est forcément le meilleur. Je pense même que s’ils nous suivaient aux toilettes, elle kifferait notre façon d’évacuer nos déchets et de s’essuyer après. Voire même de se laver les mains. Bref, cette personne est onctueuse au possible et aime tout ce qu’on aime.
Je sais être une personne de goût (ahah) mais faudrait voir à pas me prendre pour une bille. Parce que des fois, j’ai aussi des goûts de chiotte et en plus, je les admets complètement. Que des fois, j’ai tort même si c’est extrêmement rare. Même qu’il arrive que parfois, je rate mes vannes. Donc le fan de service, elle se calme parce qu’à force, je vais demander ce qu’il me veut : mon oseille, mon corps, mon âme ? Non parce que l’acquiescement systématique, ce n’est acceptable qu’en cas de plan drague. Alors pourquoi cette personne dit oui, oui et encore oui ?
Réponse une : cette personne n’a aucune personnalité ni aucune opinion. C’est très triste mais des fois ça existe. Je pense que c’est une question d’éducation genre « ne contredis pas tes parents, mon enfant ». Du coup, l’enfant, très appliqué, n’a plus jamais contredit personne, au point d’en oublier de penser.
« Moi, je veux pas dire mais être Sarkozyste, aujourd’hui, c’est une pure hérésie.
- Je suis trop d’accord !
- Non mais arrête, Sarkozy, c’est lui qui sauvera la France
- Non mais t’as carrément raison ! »
Heu…
Réponse deux : ces personnes n’ont aucune confiance en elles et font tout pour vous séduire ou ne pas vous déplaire. Donc vous êtes forcément merveilleux et vous avez forcément toujours raison. Alors, là, je dis danger. Parce que ces gens là sont forcément fourbes et manipulateurs. Parce que pour vous séduire, ils n’hésiteront pas à endormir votre confiance. Or qu’est-ce que les gens aiment ? Les cancans, les scoops, les potins. Si, vous aussi, ne jouez pas les vierges effarouchées. Sauf que du coup, s’ils vous confient les secrets des autres, y a de très fortes chances que les vôtres soient aussi révélés. Si vous n’aimez pas une personne, ils ne l’aimeront pas non plus et alimenteront même votre moulin à mauvaise langue. Sauf que si une personne ne vous aime pas, attendez vous à voir tout ce que vous leur avez confié être dévoilé. Et accessoirement vous revenir à la tronche. Et là, vous découvrez que votre gentil fan est juste un vendu qui fait tout pour être aimé de tout le monde mais gère mal son coup. Ben ouais, tout se répète.
Alors que faire de ces bénis oui-oui fatigants, si on ne peut pas les envoyer chier (oui, des fois, c’est pas évident…hélas). D’abord, essayer de voir si on a à faire à un vrai sans opinion ou à un vrai faux cul sans confiance en lui/elle. Mon grand kiff avec ces gens là, c’est les amener à dire tout et leur contraire. Faut la jouer un peu fine mais c’est pas si compliqué que ça. Commencez une conversation de préférence sur un sujet polémique (la politique, ça marche toujours mais le faire qu’avec cette personne, si un militant est dans le coin, ça va être plus dur), développez les arguments dans un sens et petit à petit, contre argumentez. Quand la personne aura dit oui à tout ce que vous avez dit, faites lui remarquer d’un air atterré qu’il a 30 minutes, il pensait l’exact contraire. C’est pas mal jouissif. Si vous soupçonnez cette personne d’être dans la catégorie 2, faites lui une révélation en commençant votre phrase par « écoute, ne le dis à personne, surtout… » et balancez un secret sur une personne. Si au bout d’une semaine, ce secret vous revient par une tierce personne, vous avez raison : cette personne est bien le faux cul vendu. A partir de là, vous pourrez lui mettre le nez dans le caca.
Mais tout ça, c’est quand même une perte de temps et c’est vite lourd. Donc à éviter.
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