04 août 2007
J’aime pas… Doctor House
Comme n’importe qui, après une dure journée de labeur, j’aime me vider l’esprit devant la télévision (sauf les soirs où je sors ou je préfère écouter la musique…). Sauf que la télé ne m’offre pas toujours de quoi passer agréablement mon temps. Dans la liste des séries merdiques, Doctor House figure en bonne place.
Le topo : un docteur boîteux et odieux, très très méchant mais pas suffisamment moche pour pas avoir de vie sexuelle. Autour de lui, trois jeunes internes aux dents longues en totale admiration devant le vilain docteur qui les maltraite. Parce que House, il n’a que des cas bizarres. Genre vous avez une maladie extraordinaire, vous tombez forcément sur le vilain docteur qui va passer l’épisode à comprendre ce qui vous arrive.
Chaque épisode est construit selon le même schéma. Tout d’abord, on voit notre malade soudain frappé de symptômes bizarres, il arrive à l’hôpital et les docteurs normaux sont embêtés « mais que se passe-t-il, nous ne comprenons pas ! ». Là, arrive notre super Docteur House et ses 3 Robin qui prend le cas en main. Ils étudient le dossier et se réunissent au sommet pour trouver la maladie, avec un tableau où ils notent tous les symptômes, font des flèches et tout. Encore mieux qu’une conférence de la World Compagny. Bon, évidemment, le vilain docteur brime ses petits assistants qui serrent les dents, baissent la tête ave humilité et encaissent. Chacun a sa propre spécialité donc chacun est persuadé que la maladie tient de son rayon. Donc ils se foutent sur la gueule genre « non, non, c’est moi qui ai raison ! Non moi plus que toi ! D’abord, j’ai une plus grosse bite que la tienne ». Et là, Dark Doctor : « vous êtes trop cons, vous avez tous torts ! ». Oui parce que dans Dr House, les maladies sont incroyables et compliquées. Mais surtout, elles sont toujours dues aux coutumes étranges du patient. En effet, 9 fois sur 10, la maladie du pauvre patient mourant est de sa faute ou de celle de son proche parce que ce sont des vilains pas beaux inconscients qui font qu’à mettre leur vie en danger en prenant des drogues ou en buvant de l’eau pas bonne. Ou pire, ils baisent et ça, c’est trop trop maaaaaaaaaaaaaaaal. Surtout quand c’est pas avec leur mari ou leur femme.
Donc le Dr House sait que pour trouver la cause de la maladie, il faut aller fouiller la maison de l’agonisant. Oui, c’est un enfoiré cambrioleur. Et là, c’est magique, les 3 ados prépubères qui lui servent d’assistants se battent pour aller s’introduire par effraction chez les gens. Enfin, effraction, je les soupçonne de piquer les clés du mourant dans ses affaires mais ça, on le voit pas, c’est pas très trépidant. Mais souvent, House les calme « Moi homme à moto, moi plus rapide que vous ». Oui parce que le docteur boîteux fait de la moto mais l’histoire ne dit pas ce qu’il fait de sa canne quand il chevauche sa moto. Non mais sans déconner, il la met où sa canne ? J’ai bien une idée mais ce blog ne veut pas faire dans la vulgarité. Donc nos super docteurs rentrent dans les maisons, fouillent et trouvent toujours ce qui peut expliquer la maladie. N’empêche que le mourant, c’est trop une journée de merde pour lui : il frôle la mort et en plus, quand il rentre chez lui, c’est le bordel parce que même si les docteurs fouillent sans tout renverser, ils ouvrent tous les placards. Si vous avez un gode sous le lit, ne vous faites pas soigner par Dr House (quoi que ça peut expliquer votre maladie).
Retour à l’hôpital, le gang des docteurs pense avoir la solution mais en fait, non, c’est pas ça parce que sinon, l’épisode fait que 20 minutes et il doit durer 45 minutes. Donc « on a trouvé… Ah non ! ». Donc re-réunion au sommet et là, ils trouvent la solution et sauvent le malade… ou pas. Si vous êtes une femme ou un enfant, vous êtes sauvés à tous les coups mais un homme, surtout vieux, vous avez plus de chance de mourir parce que ça traumatise moins Germaine, la fameuse ménagère de moins de 50 ans.
Dans cet hôpital, outre notre fameux gang, on a un docteur pote avec House qui n’arrête pas de nous prouver que, si, si, House n’est pas qu’un enfoiré sans cœur, c’est un humain, un vrai. Il y a aussi la directrice de l’hôpital, mi docteur, mi administratrice qui est toujours en conflit avec notre super Docteur parce qu’il est pas conventionnel, quoi mais elle se prend toujours dans sa gueule que lui, il sauve des vies pendant qu’elle remplit des papiers. Je pense qu’il va finir par se la taper sur son bureau avant la fin de la série. C’est pas comme si c’était inédit les deux adversaires qui s’aiment bien au fond qui baisent dans un moment de folie et de passion. On a aussi l’ex femme de House avec qui il recouche de temps en temps, histoire que ça nous occupe quelques épisodes.
Mais en fait, le pire dans Docteur House, c’est vraiment le terrible dilemme des scénaristes : House est-il vraiment un méchant méchant ou est-il un homme sensible qui se cache derrière une carapace de cynisme mais en fait, quand on le connaît, il est doux comme un Bisounours ? Donc on met en avant son côté méchant méchant genre il se bat avec un mec en fauteuil roulant (sauf que les combats d’infirmes, c’est marrant que dans South Park), il est vilain vilain avec son meilleur ami docteur qui squatte chez lui. Mais des fois, il est gentil aussi, genre avec les enfants.
Bref, le bad Doctor est plus fatigant que séduisant. Donc à éviter
01 août 2007
J’aime pas… Bret Easton Ellis
La hypittude aime consacrer certains auteurs qu’il faut à tout priiiiiiiiiiiix avoir dans sa bibliothèque pour être dans le move. Comme quand on me vante un auteur, je me dois de juger par moi même de ses qualités. Et là, je ne comprends pas trop pourquoi on s’extasie. En fait, je ne comprends même pas du tout.
Je commence donc par Glamorama que je n’ai pas aimé. Mais ne voulant pas juger sur un seul titre, je lis le fameux American Psycho (je n’ai jamais vu le film, je précise). Bon, inutile de faire deux chroniques, c’est exactement le même topo : un homme riche et complètement à côté de ses pompes se drogue et vit dans une bulle de luxe, se moquant de ceux qui n’ont pas tout, y compris et surtout un corps parfait. Ouais ne pas avoir fait refaire ses seins, c’est trop trop ringard, quoi ! Bon, dans American Psycho, le héros torture et tue après avoir baisé comme un malade alors que dans Glamorama, le héros baise comme un malade et assiste ensuite à une séance de torture. L’écriture Bretellisienne est tellement opaque qu’on ne comprend rien. On ne voit pas où ça veut aller et au bout de 600 pages, on se rend compte qu’il n’allait nulle part.
Donc le fond est merdique, y a pas d’histoire, on suit un héros qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et nous non plus. Il est totalement indifférent à ce qui l’entoure et nous également. Crève mon gars, franchement, on s’en tape et même, si tu pouvais mourir au bout de 200 pages, ça nous ferait plaisir. On a quelques scènes de sexe orgiaques qui sont à peu près aussi excitantes qu’un morceau de viande avariée. Non mais sans déconner, je sais pas comment on peut écrire de scène de sexe à trois (oui, ils sont rarement deux et quand ils ne sont que 2, ils se font chier) sans que ça ne déclenche le moindre émoi chez le lecteur.
Sur la forme, l’écriture n’a rien d’exceptionnel, j’ai l’impression de lire des résumés de défilés de mode, des catalogues de CD. Il est pigiste à la Redoute ou quoi ? Non mais y a des passages entiers de American Psycho qui décrivent les tenues des personnages « Courtney pore une robe en soie sauvage Dolce & Gabanna, des chaussures Manolo Blink… ». Fa-sci-nant. Surtout quand on n’est pas expert en mode car on a oublié son catalogue pour lire ce chef d’œuvre littéraire. Toujours dans American Psycho, nous avons des chapitres entiers nous présentant la biographie artistiques de certains chanteurs ou groupes comme Genesis ou Withney Houston. Le rapport avec l’intrigue ? Aucun mais vu qu’il n’y a pas vraiment d’intrigue, on n’est pas à une bizarrerie près mais on ne sait plus très bien si on lit un roman ou le dictionnaire de la musique.
En fait, je crois avoir une explication. A l’instar de ses personnages, Ellis se tapisse les narines et pas qu’un peu, ce qui donne des romans sans queue ni tête, qui ne servent à rien si ce n’est faire briller les yeux des gens pauvres qui se rêvent riches. Ah oui, les héros Bretellisiens vivent dans le New York strass et paillettes, sont des fils à papa et ont tellement de tune qu’ils ne savent même plus comment le dépenser. Patrick Bateman, le héros pseudo mythique d’American Psycho fait expédier les affaires de ses victimes à l’autre bout du monde pour faire croire qu’ils sont partis là-bas. Car dans le New York de Bret, les héros disparaissent sans laisser de trace.
Mais pourquoi crie-t-on au génie, mais pourquoi ? Pourquoiiiiiiiiiii ? Ecriture creuse, histoires inexistantes… Ça se veut subversif mais franchement, sortez les gens, j’ai lu 100 fois plus subversif dans ma vie. On dirait que M. Ellis a mis bout à bout ses fantasmes pour faire des livres, il ne cherche qu’à choquer en étalant le pognon de ses héros et leurs névroses. Et leur vide intersidéral car y a pas plus con et inculte qu’un héros Bretellisien. Ils sont au comble de la hypittude, ils achètent les derniers CD à la mode, possèdent les derniers objets high tech mais lire ne serait ce qu’un journal, on sent que déchiffrer des mots, c’est au dessus de leurs forces. Certains m’objecteront (sans doute) que c’est intemporel et que ça ne peut pas être placé dans un contexte géopolitique et sociétal donné. Sauf qu’on ne fait pas plus périssable que la mode et lire une chronique sur la petite Withney Houston, la star qui monte, on fait difficilement plus ringard 15 ans plus tard.
Alors pour ne pas être de totale mauvaise foi, j’ai cherché le message dans tout ça. On écrit pas des milliers de pages dans sa vie « pour rien ». Donc à priori, je dirais qu’à travers ses romans, Ellis essaie de mettre en relief la superficialité et le vide de cette élite New Yorkaise où les gens sont interchangeables et remplaçables. Que personne ne compte pour personne à tel point que dans American Psycho, ils se plantent toujours de prénom. Remarquez, y a tellement de personnages que je saisis jamais bien qui est qui. Bateman tue des tas de gens et on ne se rend même pas compte de leur disparition. Ok, c’est sans doute ça. Mais dénoncer le vide par le vide, c’est plutôt creux comme démarche. Ahah.
Bref, si vous êtes un faux subversif au top de la hypitude, que vous aimez les milieux strassés et pailletés et que vous buvez du champagne au petit déj, Bret Easton Ellis est fait pour vous. Sinon, passez votre chemin. Mais pour moi, le jeu n’en vaut pas la chandelle, donc à éviter.


